LA NON-MIXITE D’UNE MARCHE DE NUIT CONTRE LES VIOLENCES MASCULINES :
POURQUOI, COMMENT ?
La non-mixité : c’est quoi ?
La non-mixité est un mode d’organisation pour l’autonomie des femmes, qui exclut la présence physique et symbolique du patriarcat, c’est à dire les hommes, en tant que catégorie sociale dominante.
C’est un moyen de lutte, de création et d’expérimentation.
Elle nous permet d’échapper aux effets négatifs de notre socialisation (effacement au profit des hommes, manque de confiance, etc.), au droit de regard permanent que s’octroient les hommes sur les activités des femmes. C’est une stratégie pour une réappropriation collective de nos capacités et une élaboration des armes nécessaires à notre libération.
La non-mixité est un choix politique. C’est une non-mixité choisie. Car la non-mixité des femmes n’est considérée comme inacceptable, par les tenants du patriarcat, que lorsqu’elle est l’expression d’une rébellion.
Elle peut-être un choix ponctuel, temporaire, lié a certains espaces, ou permanent.
La non-mixité : pour former des groupes solidaires indépendamment des hommes, afin de se protéger, de lutter, de se défendre contre les violences masculines. Les violences masculines traversent toutes les classes et tous les milieux.
Les femmes : catégorie sociale et socialisation.
Les femmes existent en tant que groupe social discriminé. La socialisation est la première violence en tant que telle, imposée à la catégorie sociale des femmes. Cette socialisation a pour but la soumission à un système de domination, qui vise à perpétuer le pouvoir des hommes sur les femmes.
Nous sommes sommées d’apprendre, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie, par les interactions sociales, à intégrer nos prétendues incapacités, à se résoudre à ne jamais exister de façon pleinement autonome, et ce dans l’objectif de servir la catégorie sociale des hommes (disponibilité sexuelle, services domestiques, etc.).
La domination masculine repose sur le cantonnement et l’individualisation des femmes dans l’espace privé. Ce système de pouvoir divise les femmes et empêche leur solidarisation dans l’espace public. Même si les effets sont différents pour chacune d’entre nous, personne n’y échappe : c’est un mécanisme global de société.
Par ailleurs, nous considérons que chaque individu ayant été socialisé en tant que dominant par rapport aux femmes, quelles que soient ses intentions, bonnes ou mauvaises, conscientes ou inconscientes, relaye et exerce cette domination.
Une marche de filles, de femmes, de féministes, de lesbiennes : Pourquoi ?
Même si notre socialisation s’articule avec d’autres oppressions, notre vécu de femmes est un dénominateur commun.
Dans cet appel à marcher de nuit, nous nommons les filles car c’est important pour nous de signifier que la violence commence très tôt dans la vie des femmes. Nous nommons les lesbiennes car dans la pression sociale exercée sur les femmes, elles subissent doublement la violence résultant de l’obligation à la disponibilité sexuelle pour les hommes. D’abord en tant que femmes, et ensuite en tant que femmes désirant des femmes. Nous nommons les féministes car c’est une position politique que nous revendiquons toujours.
Les mouvements LGBTQI (lesbiennes, gays, bi, trans, queer, intersexes) ont une stratégie propre qui inclut des questions d’identité et les moyens de lutte à ce sujet. C’est une stratégie différente sur des oppressions spécifiques qui ne sont pas le sujet politique de cette marche.
Nous nous inscrivons dans une démarche féministe non-mixte, que nous sommes continuellement amenées à défendre. Les espaces non-mixtes de lutte sont suffisamment rares pour que nous considérions qu’il est fondamental de les conserver comme stratégie politique à part entière.
Cette marche de nuit non-mixte contre les violences masculines, invite toutes celles qui se reconnaissent dans ce vécu commun de filles, de femmes, de lesbiennes, de féministes, à prendre la rue ensemble, chargées d’une étonnante force collective …
MARCHONS LA NUIT POUR NE PLUS NOUS FAIRE MARCHER DESSUS LE JOUR !
LA RUE, L’ESPACE, LA PLACE : POUR NOUS !
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